Nous avons offensé votre justice, Seigneur, et notre nation vous a été infidèle. Comblée de vos bienfaits, elle les a oubliés ; elle a voulu vivre loin de vous, et bannir de ses mœurs et de ses lois jusqu'à votre souvenir : elle a toléré que des voix impies vinssent blasphémer votre saint nom, nier votre gouvernement des choses de ce monde, et jusqu'à votre existence ; rompant publiquement avec les préceptes du Sinaï et de l'Eglise, elle a violé vos sabbats, méprisé vos jeûnes, abaissé la dignité du mariage et laissé pénétrer dans l'éducation, jusque-là si religieuse de ses enfants, l'indifférence ou même l'athéisme. Ce péché, pour ainsi dire national, a amené sur nous, Seigneur, les fléaux dont nous gémissons. C'est à cause de lui qu'a été humiliée, vaincue cette France, si longtemps triomphante alors qu'elle se vantait d'être la fille aînée de l'Eglise. Mais ce n'est pas seulement parce qu'il a attiré nos malheurs que nous pleurons ce péché devant vous, c'est surtout parce qu'il a outragé votre majesté infinie, et qu'il a été le mépris réfléchi de votre loi et l'abandon systématique de votre culte.

Cette volonté arrêtée de vous bannir de notre nation est l'iniquité que nous désavouons solennellement, et celle que nous prenons la résolution de travailler avec plus d'ardeur à faire réparer. Saints patrons de la France et saints évêques qui l'aviez faite si chrétienne, saints martyrs et saints pénitents qui avez arrosé son sol de votre sang et de vos sueurs, saint Joseph qui êtes la providence visible de ceux qui souffrent, et Marie, conçue sans péché, vous à qui la France a consacré tant de sanctuaires, et sous des noms si chers à nos pères, priez, priez pour nous. - Recevez l'amende honorable que nous faisons ici pour notre pays, et présentez-la au Père des miséricordes, à Notre Seigneur Jésus-Christ, le divin Rédempteur, et à l'esprit de lumière, qui touche et convertit les âmes, afin de la faire favorablement accepter, malgré nos iniquités passées. - Ainsi soit-il !